Expat ou immigré?

Après avoir lu et commenté le statut Facebook d’une copine, je me suis dis qu’il serait intéressant de parler du statut d’immigré.

Je suis une immigrée et je ne me suis jamais sentie aussi française depuis que j’ai quitté le pays. En France, alors qu’à chaque fois, on me demandait mes origines, ici au Canada je n’ai presque pas besoin de le dire. Lorsque je parle anglais, mon accent français prend le dessus. En France, je voyais les bénéfices de ce pays très rarement. En la quittant (on sait ce qu’on quitte mais on ne sait pas ce qu l’on gagne), j’ai découvert certains aspects qui me manquaient:

-La boulangerie

-Mes amis, ma famille

-Les émissions

-La culture

-La mode

-La crème fraîche

-La bonne bouffe

 

Ceci n’est pas le plus important, je comprends surtout ce que immigré signifie. En France, l’immigré est pratiquement responsable de tous les maux. A la télé, à la radio, dans la rue, il ne peut se passer une journée sans que vous entendiez ce mot. On peut presque penser si on se fit à BFM que les immigrés ne sont pas les bienvenues. Me sentant pas immigré mais issue de l’immigration (terme bien français), je ne me sentais concernée  qu’à moitié par ce qui se disait. Aujourd’hui, je suis une immigrée et je comprend des milliers de choses et surtout je me mets a la place de mes parents qui ont immigré dans un pays où ils ne connaissaient pas les codes, la langue sans savoir ni lire ni écrire.

Je pense aussi qu’on ne parle pas assez des français qui émigrent aussi. Ces immigrants qui vont ailleurs chercher une meilleure vie. Je ne parle pas d’expat (oui les amis comme s’il y avait deux catégories d’immigrés, mais au final il n y en a qu’une). Etre étranger dans un pays qui n’est pas le nôtre. Comment sont ils perçus? On parle souvent de la fuite des cerveaux mais en y réfléchissant, au même titre que les personnes qui viennent en France, les français qui émigrent cherche un nouveau bonheur ailleurs, un meilleur avenir, un meilleur boulot, un meilleur salaire même et surtout une meilleure vie. Ba oui, sinon ils ne partiraient pas. L’exode a lieu partout sauf que les personnes qui émigrent en Europe sont mal vu contrairement aux français. Ici certains ont des problèmes de papiers, n’ont que des permis temporaires et cherchent absolument à avoir une carte de séjour, la fameuse carte de résidence.

J’ai participé une fois à une de leur rencontre et je parlais à une fille qui m’a demandé mon statut. J’ai fais la conne et j’ai dis comment ça mon statut? Elle m’a demandé ouvertement si j’avais ma carte de séjour. J’ai dit oui. Elle ne l’avait pas et m’a demandé comment j’avais fais. J’ai coupé court à la conversation en lui disant que j’ai été parrainée. Ca m’a semblé tellement intrusif. C’est tellement rare qu’on me demande mon statut.

Et puis il y’a aussi ceux qui se plaignent en disant que c’est trop compliqué pour avoir des papiers ici alors que la plupart d’entre eux ne connaissent aucune démarche pour avoir une carte de séjour en France (4 fois plus compliqué qu’au canada by the way). Ici on fait pas la queue à 2h du matin pour déposer des papier, tout se fait en ligne, les joies de l’immigration choisie.)  Et puis ici, ils ont un proverbe qui dit French people always complain about everything “ Et oui, les amis on s’en rend pas compte mais c’est ce que nous faisons.

Au final, à partir du moment où on est pas dans son pays, on est des immigrants.

Comme dit Orelsan: « Ca sert à rien d’être raciste car à l’étranger t’es un étranger  »

Kani Konté, fondatrice de la marque Kanité

Autour de moi, j’ai quelques amis qui ont créé leur entreprise, Kani est l’une d’elle. Je la voyais de loin sans savoir vraiment son parcours et comment elle avait fait pour arriver à son produit fini. J’ai donc décidé de l’interviewer, de comprendre son cheminement et d’en parler ici.

Mon amie Kani est  jeune et entrepreneuse. Pourquoi a t elle décidé d’entreprendre?

En 2012, alors qu’elle voyageait au Mali, elle rencontre des femmes qui tiennent une coopérative. Elles fabriquent du beurre de Karité et expliquent à Kani tout le processus par lequel elles passent pour que le beurre de karité voit le jour. Ces femmes lui expliquent aussi que grâce à leurs projets, elles gagnent de l’argent sans avoir à en demander à leur mari. Mais le plus important, c’est que leurs enfants peuvent aller à l’école. On le sait, le développement d’un pays passe par l’éducation. Kani est émue, Kani est conquise, elle se promet d’aider ces femmes.

En 2015, alors qu’elle est chef de produit, elle se fait licencier. Elle décide de leur faire un procès. Elle ne prend pas d’avocat et décide de se battre avec son oncle à ses côtés. Elle amasse les preuves et les témoignages, c’est dur psychologiquement, financièrement mais elle tient bon.

Kani décide alors de travailler sur son projet professionnelle et d’aller au bout de son projet. Elle se sent prête, elle a acquis de l’expérience professionnelle.

En décembre 2015, elle participe à créa’jeunes une formation de deux mois qui aide les jeunes entrepreneurs à monter leur projet de toute pièce. Face à des commerciaux, des chefs d’entreprise, de banquiers, son projet est validé. Kani peut se lancer mais elle fait face à quelques problèmes financiers.
En effet licencié, elle n’a pas assez de fond pour lancer son projet. “Même si ça va pas, ça va aller” se disait elle. Elle n’a le choix que de foncer. Sa famille la soutient. Elle trouve un petit boulot et travaille parallèlement sur son site internet et la stratégie de son entreprise. Elle réfléchit, lit et travaille à la bibliothèque. Kani se cultive pour travailler un vrai projet. L’ ADIE croit en son projet, on lui propose un prêt sans taux d’intérêt et une prime. L’association croit en elle, Kani remet les bouchées double et travaille encore plus fort. Elle gagne aussi deux concours (trop forte Kani):” Entreprenez votre vie en vert et Pitch ta boite”. Entre temps, elle trouve un laboratoire, dans la cosmétique Valley en France qui fabrique ces produits de beauté.

La particularité de Kanité? Elle allie le savoir faire français et le savoir faire
des populations qui viennent d’ailleurs ( mali – karité / senegal , huile de baobab / Egypte , huile de nigelle).
Kanité propose des produits qui allie le beurre de karité et les huiles de baobab et de nigelle Ces produits ont une texture surprenante, innovante. Elle a su produire quelque chose de brut.

Elle profite également à une formation de cosmétique, (à institut IPAL) trois mois avant d’écrire son business plan.

Les difficultés? Kani travaille seule, elle compte sur elle même, c’est dur de penser à tout. Grâce à l’école ISCOM, elle dispose de 5 supers stagiaires qui aident les jeunes entrepreneurs à travailler leur communication.

De plus, être une femme, jeune et noire c’est pas tous les jours facile, parfois on l’a prend pas en considération mais surtout on lui demande souvent si son projet est viable. Et oui, c’est une réalité qu’il faut dire, c’est pas toujours facile d’être une femme noire en France, il faut  travailler deux fois plus pour être reconnu.

En décembre 2017, deux bonnes nouvelles: Kani gagne son procès et les premiers produits Kanité sont distribués dans deux boutique bio,rue Vaugirard et rue de Courcelles
à Paris. Aujourd’hui, c’est dans 8 points de vente, l’aventure commence. Le gros
challenge c’est d’acquérir la notoriété afin de distribuer les produits dans plus de points de vente.

Kani ne vit pas encore de son projet mais c’est pas fini, c’est que le début…

Moi j’y crois!

Vous pouvez trouver ces produits en ligne: www.kanite-naturel.com

Challenge lecture: 3 livres de littérature africaine

Challenge lecture voici 3 livres de la littérature africaine que je vous recommande fortement.

L’enfant noir, de Camara Laye

Un classique de la littérature africaine.

Camara Laye raconte son enfance en Guinée, d’abord dans son village puis à Conakry dans la capitale. On plonge facilement dans ce livre mais surtout l’écriture est très fluide. Les détails nous permettent de comprendre les relations qu’il entretient avec sa famille, ses amis. On découvre aussi la charge qu’il porte sur ses épaules en tant qu’ aîné mais aussi l’Afrique des années 1930.

J’ai beaucoup aimé les descriptions.

Voici quelques extraits:

“Saisis ta chance! Et fais moi honneur! Je ne demande rien de plus. Le feras-tu?”

“ Nous n’avons jamais été aussi nombreux et jamais je n’avais jamais été si seul.”

 

Thomas Sankara, l’émancipation des femmes et la lutte de libération de l’Afriqu

Discours prononcé en 1987 par Thomas Sankara sur l’émancipation des femmes. Thomas, on ne le décrit pas. Ce petit livre montre l’importance de la femme mais surtout les bienfaits de l’émancipation de la femme sur la société Burkinabé mais aussi ailleurs. Dans son rôle, la femme est submergé par les tâches que la société lui incombe. Comment doit elle faire pour s’émanciper? Des vérités qui ne sont malheureusement pas mise en pratique aujourd’hui.

Voici quelques extraits: “Comment pouvons nous continuer d’admettre qu’à travail égal, la femme gagne moins que l’homme?”

C’était il y a 30 ans et malheureusement c’est encore vrai aujourd’hui.

-” Le lévirat est un mariage où avec divers degrés de contrainte, la veuve doit épouser un frère du défunt”

-” Que dire des tâches  ménagères, absorbantes, abrutissantes, qui tendent à la résorption et laissent aucun répit pour la réflexion.

 

Dialiba Konaté, l’épopée de Soundiata Keita

L’histoire de Soundiata Keita.

Vous vous demandez surement qui est Soundiata Keita? C’est le fondateur de l’Empire du Mali. Histoire brève et intéressante avec des jolies dessins. Simple et compréhensible, elle permet de comprendre comment en  1240 après J-C Soundiata Keita,né infirme, devient le roi et fonde l’Empire du Mali.

Des extraits:

“ Le monde est vieux mais l’avenir sort du passé.”

“ Si l’homme est pressé, le temps est long et chaque chose a son temps”

“ Le fromager sort d’un grain minuscule”

“les grands arbres poussent lentement mais ils enfoncent profondément leurs racines dans le sol”

“ Le calao ne saurait porter l’héritage du pélican”

Prochaine lecture: Lire le livre pour adulte.

Qu’en pensez vous? Les avez vous lu? Des conseils lectures?