When I moved to France…

Magnifique texte de mon amie, la talentueuse Oumou. On nous pose toujours et encore cette question: Tu viens d’où? Voici sa réponse, et ce qu’elle répond au  » Tu viens d’où?
Toujours dans la continuité de il était une noire.
( N’hésitez pas à me contacter si vous voulez que je publie votre texte.)
English version:
When I moved to France, what first hit me was the fact that I was constantly reminded of my otherness. “Where are you from?”, “You only have 2 siblings hun… pretty rare for an African family, right?”, “You’re pretty cute for a black girl”…
And while French people, constantly reminded me of how different I was, « my people » denied me access to their circles. To the frenchies I was the “African Girl” and to the other Africans, I was the Oreo. My skin might have been black but my speech, my demeanor and my mentality was all “too white”. I had very few Senegalese girlfriends… Most of them felt like my French lacked an accent, something to spice up conversations and my Wolof had a certain je ne sais quoi that made it … unauthentic. I was living the struggle of the most mix kids. Not the American ones though. I felt like American mix kids, as soon as they were born, even when they only had 1/3 of black blood, were automatically accepted by the black the community as if they were trying to protect them from something… An identity crisis maybe.
Other mixed kids, the ones that were half Senegalese and half French for instance, where seen as white people in Senegal and as black people in France. My cultural background placed me in a similar position.
I was mad at everybody. I was mad at my people for rejecting me for all the wrong reasons and I was mad at the French. I was at the French for their ill will and their blunder. My name is Oumou… Easy right ? When teachers manage to read it as « Ouma » or « Omo » it’s either illiteracy, laziness, or the unwillingness to make an effort. How do you read Arnold Schwarzenegger without stuttering but struggle to read name Kaotar or Wassila? Too exotic maybe?  Well sorry my name is not Sarah.
Now, when the Starbucks lady asks for a name I no longer say “Marie”. It’s Oumou, and if I need to say it 3 times and spell it out I guess the people behind me will just have to be patient
Oumou_Klsm
image1
French version:
Lorsque je suis arrivée en France mon altérité, ma différence
m’était constamment rappelée : « T’es de quelle origine ? » ; « Ce
sont tes vrais cheveux ? » ; « Vous êtes une fratrie de trois ? C’est
plutôt rare non, chez les Africains ? » ; « T’es plutôt mignonne
pour une black », etc.
Tandis que les Français et les demi-Français me rappelaient
constamment mon altérité, les « miens » me refusaient l’intégration
à ma communauté. Si là-bas j’étais la Black, ici j’étais la Bounty.
Noire de peau mais trop blanche dans mon discours, dans mes
moindres gestes et dans ma mentalité. Je n’ai d’ailleurs que très
peu d’amies sénégalaises. Pour la majorité d’entre elles, il manque
à mon français cet accent qui pimente les conversations et il y a
dans mon wolof un léger je ne sais quoi qui le rend… peu authentique.
Je vivais la galère du métis. Pas le métis américain. Ce métis-là,
dès qu’il naissait, même s’il n’avait que dix pourcents de sang noir
dans ses veines, se voyait automatiquement reconnaître et adopter
par la communauté noire, comme si cette dernière tentait de le
protéger de quelque chose… Une crise identitaire peut-être. Les
autres métis, sénégalo-français par exemple, se voyaient considérés
comme des blancs en Afrique et comme des noirs en France. De
par mon métissage culturel, je savais ce que c’était.
J’en voulais à tout le monde. J’en voulais aux « miens » de me
rejeter sans bonnes raisons, et j’en voulais aux Français. À eux je
leur reproche leur mauvaise volonté et leur maladresse. Je
m’appelle Oumou, quoi de plus facile à lire ? Lorsque certains
arrivent à déformer mon prénom en « Ouma » ou « Omou » ce
n’est plus une question d’exotisme mais un problème d’illettrisme.
Il faut être animé de toute la mauvaise volonté du monde pour
arriver à lire d’un trait le prénom « Gwendoline » et buter sur des
prénoms comme « Kaotar » ou « Wassila ». Un peu trop exotique
à leur goût peut être ? Désolée de ne pas m’appeler Nectarine.
Oumou_klsm

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